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L’anxiété chez les jeunes de 12 à 17 ans

Par: Marie-Eve Chouinard

Chargée de projet, Bell Cause pour la cause

Nous entendons de plus en plus parler d’anxiété et cette dernière semble être plus présente chez les jeunes. Mais qu’en est-il exactement? Que qualifie-t-on d’anxiété et comment cette dernière se répercute-t-elle? En tant qu’intervenante en milieu scolaire et en pratique privée depuis plus de 10 ans, j’ai pu constater la présence d’une réelle hausse de la détresse vécue chez les adolescents. D’ailleurs, un article datant du 26 octobre 2019, paru dans Le Devoir, rapporte que l’Association des médecins psychiatres du Québec « note avec inquiétude que le taux de détresse psychologique élevée chez les jeunes atteint les 37 % et est en hausse constante. Ainsi, elle souligne le fait que les troubles anxieux ont doublé en six ans au sein de cette clientèle. » [1]

L’anxiété à l’école

Chaque individu peut vivre de l’anxiété, à différents degrés d’intensité et moments de sa vie. L’anxiété découle de la peur : une émotion normale, adaptée et souhaitable, mais inconfortable! Elle devient problématique lorsqu’elle est hors proportion et qu’elle cause une détresse ou une difficulté de fonctionnement significatives. Plusieurs manifestations peuvent alors en découler et avoir un impact sur les différentes sphères de la vie. Ces répercussions seront souvent observables au niveau scolaire, et il ne faut pas oublier toutes les autres facettes de la vie de l’adolescent. C’est son niveau de bien-être global qui en sera affecté, au-delà de la performance académique. Tel-Jeunes a d’ailleurs fait l’exercice de recenser des données suite aux demandes d’aide reçues par l’organisme. Ces dernières rapportent que l’anxiété de performance, la peur du jugement et les inquiétudes face à l’avenir semblent être les principales préoccupations des jeunes et ce, peu importe le problème dont ils veulent parler. [2]

Une besoin d’écoute

La bonne nouvelle est que l’anxiété peut être apprivoisée et transitoire avec l’accompagnement adéquat ainsi qu’une implication dans le changement. Cela demande que l’individu en soit conscient et en prenne responsabilité. Il s’agit du point de départ. Le niveau d’anxiété ressenti est hors contrôle et il ne sert à rien de l’ignorer. Il est alors souvent inutile de tenter de rassurer ou de banaliser la situation. Plusieurs jeunes interrogés à ce sujet rapportent que leur besoin principal est l’écoute et l’accueil de ce qu’ils vivent.[3] Ce dont ils ont le plus besoin, ce ne sont pas des conseils ou que quelqu’un solutionne leurs problèmes à leur place. Ils ont besoin d’être entendus et reconnus. Leur offrir un espace où ils se donnent le droit d’être et où ils peuvent partager ce qui est vécu, sans jugement. L’essentiel est de se rappeler qu’il y a toujours un besoin derrière un comportement et que ce dernier ne souhaite que se faire entendre. L’anxiété n’est pas une fatalité en soi. Pas à pas, il est alors possible de développer des stratégies plus efficaces et d’apprendre de nouveaux chemins à notre cerveau! De là l’importance d’outiller les jeunes le plus tôt possible à cultiver leur équilibre.


[1] https://www.ledevoir.com/societe/565718/l-anxiete-chez-les-jeunes-en-tres-forte-hausse

[2] Demander de l’aide version ados, Conférencière : Myriam Day Asselin, coordonatrice expertise & innovation, Tel-Jeunes, 20 novembre 2020

[3] Demander de l’aide version ados, Conférencière : Myriam Day Asselin, coordonatrice expertise & innovation, Tel-Jeunes, 20 novembre 2020